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mercredi, décembre 07, 2005

Vienne la rouge

Un remake de Vienne la rouge, ou plutôt la "rose" en francais, puisque le SPÖ (parti social-démorate) a largement gagné les élections régionales d'il y a un peu plus d'un mois (qui se confondent avec les municipales pour Vienne). Le maire sortant, Häupl, voit ainsi son mandat prolongé.

Le tableau des résultats montre, outre la majorité quasi-absolue des socio-démocrates, une bonne deuxième place des conservateurs (ÖVP) qui améliorent leur résultat des dernières élections (2001), et des Verts (Grüne) et populistes (FPÖ) au coude à coude entre 14 et 15% des voix. À ceci près que les verts améliorent leur résultat de plus de 2 points alors que le parti populiste en perd plus de 5. Le parti populiste FPÖ, c'est celui qui avait fait une campagne ouvertement raciste, que j'avais déjà commentée et illustrée sur le blog dans ce post.

Les communistes (KPÖ) et le parti populiste de Jorg Haider (BZÖ) font moins de 1,5% des voix.

Les enseignements du scrutin d'après les observateurs: les viennois sont satisfaits de la gestion socio-démocrate de la ville et encouragent les formations non-populistes (verts et conservateurs) à continuer à participer à la politique de la ville. Tous les arrondissements de Vienne ont voté SPÖ, sauf les premier et dix-huitième, conservateur, et le septième, vert. Les extrêmes sont sévèrement punis, pour leurs slogans antidémocratiques et pour leur mauvaise gestion de la chose publique.

Sortie autrichienne de l'UE


C'est ce que défendent les militants rencontrés la semaine dernière à la station de métro Handelskai, qui organisaient un pétition sur ce thème, sur un stand un peu racoleur avec un grand drapeau autrichien (la version militaire, avec l'aigle au milieu) et des sigles "EU" dans des panneaux d'interdiction. Parmi les arguments: l'Autriche est un contributeur net au budget européen, refus de voir la Turquie et Israel integrer l'Europe (pour cause de non stabilité politique), contre le "néo-libéralisme" en vigueur à Bruxelles, envoi de troupes européennes en contradiction avec le principe de neutralité de l'Autriche, trop de trafic transitant par l'Autriche (notamment des animaux maltraités), trop de chômage apporté par l'UE, etc.

Les arguments sont à la fois populistes, anti-libéraux, écologistes, racistes et pacifistes. Et bien sûr nationalistes. Le mouvement se déclare d'ailleurs "au-dessus" des partis.

Le stand avait peu de succès, et les feuilles de signatures m'avaient l'air de rester bien vides. Il est interessant de noter que cet automne, les autrichiens ont vu une campagne de promotion des actions européennes, avec des affiches vantant la baisse du taux de chômage, le développement des régions rurales, la croissance économique notamment grâce à la proximité avec les nouveaux entrants de l'UE, etc., tout ca à l'occasion du dixième anniversaire de l'entrée de l'Autriche dans l'Union européenne. Je ne sais pas si cette campagne a été financée par l'UE elle-même ou bien par le gouvernement autrichien pro-européen (comme tous les gouvernements socio-démocrates ou conservateurs post-adhésion d'ailleurs).